Témoignage de Sister Jacqueline
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Le temps des aurevoirs est ici et nous tes amis, nous voulons que tu saches combien tu étais important pour nous, et nous allons nous ennuyer de toi. Aussi longtemps que nous vivrons, tu vivras aussi, parce que tu seras toujours une partie de nous; Ghislain, nous nous souviendrons de toi.

Tu avais un tel talent pour l'amitié, comme c'est évident par le nombre de personnes rassemblées ici.

Tu appréciais toutes les bonnes choses de la vie... tu ne prenais rien pour acquis. Aimer Dieu avec tout son coeur, veut dire de dire "oui" avec tout son coeur, embrassant tout ce qui vient avec. Ceci est une description précise de Ghislain. Il a dit un "oui" inconditionnel à la vie en se donnant à ses parents, à sa famille, à ses amis - en abondance toujours mais trop court, trop tôt... le 8 octobre 1981 - le 11 juillet 1996.

Ghislain aimait le monde, aimait la vie avec l'enthousiasme qui vient avec la jeunesse. En dépit de son mal terrible, il avait toujours le sourire et de l'intérêt pour les autres, demandant toujours: "Comment ça va?" aux enfants, parents, médecins, infirmières et bénévoles.

Ghislain connaissait et voulait connaître tout sur sa maladie et aussi comment sérieux c'était vraiment. Le 21 mai 1997, Ghislain a fait une puissante présentation "J'ai le cancer" devant toute son école ... ceci l'a rendu encore plus fort. Un exemple de son combat pour la vie est évident quand il compare sa maladie à un "roller-coaster" Je cite Ghislain :


Ghislain a l'hopital Ma maladie, je la compare à un roller-coaster, avec ses hauts et ses bas sauf que tu es tout seul. Oui, il y a des gens qui te supportent, qui t'encouragent, mais tu es tout seul dans ton roller coaster. Un vrai arrête après 2 minutes, celui-ci n'arrête jamais, tu ne peux pas débarquer. Des fois, ça va de plus en plus vite; des fois, c'est noir, noir, noir, des fois c'est plein de courbes, des fois, ça se prend plus facilement. J'en vois des chanceux qui ont un roller coaster qui arrête et qui sortent: ils sont guéris. J'en vois qui sautent en bas de leur roller coaster parce qu'ils sont tannés. Je vois des roller coaster qui grimpent, qui grimpent jusqu'au ciel....

En ceci, Ghislain a reçu beaucoup de support de ses amis et ceci l'encourageait.

Le 27 mai, une requête courageuse fut faite par ce jeune de 14 ans...il s'approcha de moi à la clinique, "Soeur Jacqueline, pourriez-vous parler à l'église quand je vais mourir ? J'en ai déjà parlé à mes parents". Ghislain tellement sensible respectait mon silence... Je me suis assise pour être plus près de lui, j'ai pris ses mains dans les miennes... "Ghislain, tu es tellement brave et tu as tellement confiance.. penses-tu que je te connais assez ?" Comme seul Ghislain pouvait le faire, avec son doigt qui enleva une larme de ma joue, il dit: "Je sais que tu m'aimes assez". Ce garçon m'a donné une leçon.

Je crois que le cancer a forcé Ghislain à tourner son attention à combattre cette maladie monstrueuse en lui-même et vers tous les gens sur son chemin, rejoignant les autres dans l'espoir et le courage. Pour ceux d'entre nous qui avons fait ce trajet à ses côtés, spécialement ses parents si aimants et dédiés Lucie et Michel et son frère si spécial Paul-André, Ghislain a été notre inspiration, notre modèle.

Tous les enfants que j'ai rencontrés et avec lesquels j'ai marché durant ces années à la clinique d'oncologie ont fait une différence dans ma vie avec leur détermination, courage, bravoure, sens d'humour et leur foi. Ghislain a été un de ces enfants qui ont touché une place dans mon coeur. Ghislain, tu as été et tu es un gars extraordinaire, nous ne t'oublierons jamais et nous espérons te revoir un jour. Ghislain, tellement précieux pour nous, notre lumière, notre guide, nous allons nous ennuyer de toi - nous t'aimons.

Sister Jacqueline, Bénévole à l'hôpital des enfants

le 16 juillet 1996